Les doigts dans le nez ?

26 octobre 2007


Finger in the nose, c’est le nom d’une marque de fringues de luxe pour enfants. On pourrait penser que consulter leur site soit, du coup, un jeu d’enfant. Boum, badaboum. Deux petites erreurs d’entrée sur le site provoquent assez rapidement énervement, frustration ou tout simplement invitent à repartir direct vers d’autres destinations virtuelles.

La page d’accueil propose, dans une configuration d’écran standard aujourd’hui*, l’écran suivant :

Finger in the nose copie écran

Je n’ai aucune indication de clic, d’entrée. J’ai personnellement pensé, dans un premier temps, que ce n’était qu’une page décorative et non un site internet. Mais en cherchant bien, et donc en « scrollant » (descendre dans la page à l’aide de l’ascenseur de droite), les boutons d’action apparaissent. C’est un premier frein dans la navigation.

Copie écran finger in the nose

Seconde étape : un clic sur « products ». Là, plutôt que d’ouvrir une page en tant que tel, c’est un pop up (une petite fenêtre supposée s’ouvrir en surimpression sur votre écran) qui…se trouve bloqué par mon navigateur (là encore, une configuration de navigateur très courante, tant chez Internet explorer que chez Firefox pour interdire la publicité intempestive).

Cette expérience se prolonge par la diffusion dans le pop up d’une animation de produits, qui ne me donne aucun moyen d’agir sur la vidéo pour visualiser avec attention un produit plus qu’un autre. Frustrant !

Allez, c’est dommage, la collection est plutôt chic, les visuels élégants mais l’expérience virtuelle plutôt frustrante pour une majorité d’internautes… non ? Essayez et dites moi tout…

*un écran standard ? C’est la configuration utilisée par une majorité d’internautes et, pour faire simple, c’est la taille en pixels de ce que vous pouvez visualiser dans votre navigateur sans scroller (pour faire très simple). Vous pouvez le configurer vous-même en effectuant un clic droit sur le bureau de votre ordinateur et en changeant le curseur de configuration d’écran dans propriétés (sur un PC). Il y a quelques années, il fallait ainsi créer des sites internet qui soient visibles dans le format 800pixelsx600pixels. Aujourd’hui une majorité d’internautes a un ordinateur configuré sur un format 1024. En bref, on peut exprimer plus de choses en largeur et en hauteur qui soit visible pour l’internaute sans scroller. Ouf.

Cette donnée est très importante en ergonomie. Il faut mettre les boutons d’action essentiels dans cette partie visible de l’écran de l’internaute car…nous sommes tous feignants.


Ipsos séduit les jeunes

24 octobre 2007

Une nouvelle expérience utilisatrice dans le monde merveilleux des instituts de sondage. Ipsos a choisi de venir me titiller dans ma messagerie instantanée par une bannière des plus talentueuses. Je vous laisse visualiser l’expérience en vidéo à l’aide d’une capture de mon écran.

En voici un découpage en images pour les plus pressés :

Bannière Ipsos

Ipsos bannière

Ipsos Bannière

J’essaie de récapituler :

- La bannière ne contient aucun appel au clic, aucun appel à la participation concret.Je ne sais pas ce que l’on attend de moi !

o Une idée ? Mettre en avant les 2000euros promis contre une inscription au pannel Ipsos. Cela peut « appâter » le jeune, sans conteste.

- La « landing page » (comme on dit dans le jargon) ou page d’atterrissage que l’on atteint après le clic sur la bannière, est :

o sans graphisme (hormis pour les petits bonhommes qui s’agitent, ok)

o sans effort rédactionnel,

o sans travail ergonomique incitatif (qui permettrait de bons résultats quant à la complétude du formulaire par les internautes).

Ipsos, prouvez moi le contraire, écrivez moi avec des statistiques de fou…je ferai un grand mea culpa.

C’était un test ? Argh, c’est dommage de tester le web comme ça. Cheap, fast and quality…il parait qu’il est impossible d’appliquer les 3 sur un projet.

Dernière minute : Je viens de trouver également sur le web une bannière plus conséquente. Elle contient du texte ! Je vous la laisse visualiser. Je reste quelque peu dubitative sur le résultat…


« Ma mère ne cliquerait pas là dessus… »

16 octobre 2007

Vous ne le soupçonnez peut-être pas mais il y a des chances que vous ayez été un jour cité en tant qu’expert lors d’une réunion de conception pour un produit, une pub, une site web. Oui, oui, vous.

Parmi les experts les plus cités, il faut en citer un : la mère. Soyez rassurées, figures maternelles, vous n’êtes pas oubliées par vos rejetons lors de leurs instants créatifs et lyriques. Toutefois, en matière de conception web tout au moins, vous êtes généralement assimilée à un internaute béotien, pas trop habile de vos mains, assez dépassée par les nouvelles technologies. C’est assez peu flatteur, je le concède.

Viennent ensuite les neveux, tantes, petit(e)s ami(e)s, et plus généralement les potes, cités à titre d’exemple en fonction des sujets abordés.

L’autre expert largement cité est… le concepteur, commercial, client lui-même. Fini l’expert familial, place à un peu d’égocentrisme : « Perso, je jouerais jamais à un truc comme ça » ou encore « J’achèterais jamais un truc comme ça »).Il faut avouer que l’on peut être assez tenté de développer un produit ou une communication pour soi-même. Au moins on sera d’autant plus investi dans la volonté de le voir sortir sur le marché !

Enfin, dernier effet rhétorique pour convaincre l’assemblée lors d’une discussion créative : l’effet porte-parole. C’est une « tendance volontaire ou maîtrisée à parler au nom de tous ou de l’intérêt général pour faire passer une opinion individuelle ». Exemple : « non mais aujourd’hui tout le monde a Flash sur son ordinateur ». Je ne sais pas si la tendance est maîtrisée mais on peut assez souvent l’entendre.

Bon, autant vous dire que quelque soit l’expert cité (maman, moi ou le monde), le produit développé ne sera jamais adapté au final à la véritable CIBLE, au véritable public, au futur utilisateur. Une des premières étapes en conception est d’analyser ce futur utilisateur ou consommateur afin de lui offrir un service adapté. Une des méthodologies appliquée pour ce faire est celle des personas.

Les « Personas » sont des représentations de la future audience d’un site. Ils présentent les caractéristiques des attentes, des motivations et des expériences des utilisateurs typiques. Pour chaque profil retenu, une fiche réaliste est créée. Elle doit humaniser le profil en apportant des renseignements concrets et guider ainsi tous les intervenants d’un projet lors du travail de conception jusqu’à la phase de test.

Pour avoir une meilleure idée de ce qu’est un persona,voici une synthèse sur le sujet : Les personas - synthèse. N’hésitez pas à réagir ou à me contacter pour plus d’information.


TNS et les enquêtes en ligne

10 octobre 2007

Je me suis inscrite voilà près d’un an au panel TNS en ligne. De multiples organismes commençaient déjà à fleurir, offrant des services d’enquêtes en ligne concurrents d’instituts plus « historiques » tels que TNS. J’étais alors curieuse d’observer la réaction d’un TNS face à ce nouveau défi : comment réagir face à des annonceurs qui développent des solutions d’enquête sur leur site, ou qui font effectivement appel à des organismes d’enquête en ligne a priori moins onéreux ?

L’initiative de TNS qui consistait à me démarcher pour faire partie d’un panel en ligne, rémunéré par un système de points, semblait alors une réponse à ce nouvel espace concurrentiel.

Un an après, c’est la déception : myTNS.com semble n’avoir pas été soutenu en termes d’investissement. De nombreuses erreurs en termes de conception, notamment ergonomiques, freinent l’utilisation d’un outil qui pourrait facilement gagner en performance.

Un exemple, le mail d’invitation à répondre à une enquête :TNS e-mail invitation

Sexy hein ? nous sommes loin d’un e-mail incitatif au clic et à la participation :

- Je reçois une invitation qui, dans la forme et le fonds, ressemble beaucoup plus à un discours de robot informatique qu’à une invitation chaleureuse !

- Je n’ai aucune indication sur mon nombre de points ou les bénéfices liés au fait de répondre à l’enquête.

Voici, en parallèle, un exemple d’e-mailing de recrutements de panelistes reçus ces derniers jours :

tns11.jpg

On m’indique le temps que cela va me prendre, le bénéfice, et l’appel au clic y est beaucoup plus incitatif non ?

De même, le site internet MyTNS.com n’est en aucun cas structuré pour accueillir les différents profils d’internaute. Il est principalement tourné vers le recrutement. L’accès pour les inscrits ne se fait que par « Login » en haut à droite de la page : difficile à trouver et à comprendre !

tns21.jpg

De multiples erreurs de conception dans le dispositif global de TNS gâchent une initiative plutôt innovante…qu’un travail sur l’ergonomie ajusteraient rapidement.